Un cabinet de quatre à neuf fauteuils, construit sur vingt-cinq ans, avec une équipe fidèle et une patientèle de proximité, n'a pas de prix affiché. Il n'existe pas d'argus du cabinet dentaire, et la première chose que découvre un praticien qui cherche combien vaut son cabinet dentaire est que les chiffres trouvés en ligne varient du simple au double.
Cette page rassemble ce qui est réellement publié, chiffre par chiffre, avec la source et l'année. Nous indiquons aussi, sans détour, quels chiffres circulent sans source solide — parce qu'un praticien qui prépare la suite de sa vie professionnelle mérite de savoir d'où vient un pourcentage avant de s'appuyer dessus.
Les deux méthodes réellement utilisées
En France, deux approches dominent, et elles ne mesurent pas la même chose.
Le pourcentage du chiffre d'affaires.C'est la méthode historique, encore la plus citée dans les transactions entre praticiens. On applique un pourcentage au chiffre d'affaires hors taxes moyen des dernières années. Elle a l'avantage d'être simple et comparable ; l'inconvénient est qu'elle ignore complètement ce que le cabinet dégage réellement. Deux cabinets à 700 000 € de chiffre d'affaires, dont l'un dégage 250 000 € d'excédent brut d'exploitation et l'autre 90 000 €, ne valent évidemment pas la même chose.
Le coefficient appliqué à l'excédent brut d'exploitation.On part de ce que le cabinet produit réellement une fois les charges d'exploitation payées, et on y applique un coefficient. C'est la méthode des groupes et des centres, parce qu'elle mesure la capacité du cabinet à financer son propre rachat. Plus le résultat est lisible et récurrent, plus le coefficient monte.
Les chiffres des dernières transactions publiées
La référence chiffrée la plus solide en France reste l'étude Interfimo portant sur environ 350 transactions de 2021-2022, publiée en 2023 et relayée par L'Information Dentaire. Voici ce qu'elle établit :
- 47 % du chiffre d'affaires HT en moyenne nationale — contre 43 % en 2018 et 35 % en 2015. La tendance est nettement haussière sur dix ans.
- Six transactions sur dix se situent entre 27 % et 65 % du CA.C'est le chiffre le plus important de l'étude, et le moins repris : la dispersion est énorme. Un cabinet peut valoir moins d'un tiers de son chiffre d'affaires, ou près des deux tiers.
- Écarts régionaux :49 % du CA en Île-de-France et dans le Grand Nord-Est, 48 % dans le Grand Nord-Ouest. En milieu rural, environ 50 % ; en ville, environ 46 %. Contre-intuitif, mais cohérent avec la tension sur l'installation.
- Chiffre d'affaires moyen des cabinets cédés : 600 000 € — contre 450 000 € en 2018 et 330 000 € en 2015. Les cabinets qui se vendent sont de plus en plus gros.
- Profil des acquéreurs :60 % ont moins de 40 ans, 38 % sont des femmes, 80 % acquièrent via une structure à l'impôt sur les sociétés, majoritairement en SELARL. Les installations pures ne représentent plus que 26 % des transactions, contre 42 % en 2018.
Sur les coefficients d'EBE en France, la situation est plus honnête à décrire ainsi : aucun organisme professionnel ou statistique ne publie de fourchette officielle. Les chiffres qui circulent — 4 à 6 fois l'EBE pour un cabinet individuel, 6 à 9 fois pour une structure multi-praticiens, proviennent du guide 2026 du cabinet de conseil en cession Deal Makr. Ce sont des estimations d'un acteur privé du marché de la cession, utiles comme ordre de grandeur, à ne pas prendre pour un consensus établi.
Ce qui fait monter ou baisser le prix
Le pourcentage ou le coefficient applicable à un cabinet donné dépend de variables très concrètes. Certaines sont chiffrées par des acteurs spécialisés de la cession — nous les attribuons nommément — et d'autres sont des constats de marché récurrents, sans chiffrage fiable disponible.
La transmissibilité de la patientèle
C'est le facteur que sous-estiment le plus les praticiens, et le premier que regarde un acquéreur. Contrairement à un fonds de commerce classique, une patientèle dentaire suit une personne, pas une adresse. Deal Makr situe la perte de patientèle à 5-15 % lorsque la transition est accompagnée sur 6 à 12 mois, et considère une période de présentation de 3 à 6 mois comme un minimum de marché. Un cabinet où le cédant part du jour au lendemain se vend mécaniquement moins bien qu'un cabinet où il reste présenter ses patients.
La structure de l'équipe
Un cabinet qui tourne autour d'un seul praticien est un prix fragile : le jour où il s'arrête, l'activité s'arrête. Un cabinet avec un collaborateur ou un associé installé est un actif qui continue de produire. Deal Makr estime l'effet du recrutement d'un praticien collaborateur avant cession à +1 à +2 fois l'EBE — c'est le levier le plus puissant de leur liste, et c'est probablement l'action la plus rentable pour un praticien qui a encore deux ou trois ans devant lui.
Le mix d'actes et l'équipement
Un cabinet dont une part significative de l'activité relève de la prothèse fixée et de l'implantologie se vend mieux qu'un cabinet strictement omnipratique, à chiffre d'affaires égal, parce que la marge par acte n'est pas la même. Sur l'équipement, Deal Makr estime qu'un parc de fauteuils à jour et un cone beam (CBCT) évitent une décote de 10 à 20 %, l'investissement CBCT étant situé entre 80 000 et 150 000 € amortis sur huit ans. Autrement dit : un équipement vieillissant ne fait pas baisser le prix, il déclenche une décote.
Le bail, et la question des murs
Un bail commercial sécurisé sur neuf ans avant la cession vaut, selon Deal Makr, 5 à 10 % de prix supplémentaire. La logique est simple : un acquéreur qui n'est pas certain de pouvoir rester trois ans dans les locaux n'achète pas au même prix. Lorsque le praticien est propriétaire des murs, le sujet devient double — la cession du cabinet et celle de l'immobilier sont deux opérations distinctes, avec deux fiscalités et deux calendriers, et elles n'ont pas besoin d'être faites en même temps. Nous n'avons trouvé aucune source chiffrant l'écart de prix entre murs et bail, et nous préférons le dire plutôt qu'avancer un pourcentage.
Ce que nous ne chiffrerons pas
Le chiffre d'affaires par fauteuil, l'âge moyen de la patientèle, la nature des contrats du personnel, l'implantation en zone sous-dotée : tous ces éléments comptent réellement dans une négociation, et nous n'avons trouvé aucune source publique sérieuse qui en chiffre l'impact. Vous les verrez pourtant chiffrés ailleurs. Nous préférons vous dire qu'ils s'apprécient dossier par dossier.
Et en Suisse : le calcul se fait autrement
En Suisse, la logique est celle d'un coefficient appliqué au résultat d'exploitation, pas du pourcentage de chiffre d'affaires. Selon l'analyse ValIndex 2026 du registre du commerce suisse, il faut distinguer deux chiffres, et la confusion entre les deux coûte cher :
- Transaction réelle : 4,0 à 6,5 fois le résultat d'exploitation avant amortissements.C'est le chiffre pertinent pour une vente effective.
- Estimation statutaire ou fiscale : 3,0 à 5,0 fois ce même résultat. Plus bas, et souvent celui qui est présenté à un praticien qui demande une estimation formelle.
Le contexte, toujours selon ValIndex citant des données SSO et OFS : un marché des soins dentaires d'environ 5,2 milliards de francs, environ 4 800 cabinets, environ 5 500 dentistes agréés, une dépense moyenne d'environ 900 francs par habitant et par an, et des marges d'exploitation de 15 à 20 % pour les structures de groupe bien gérées. Précision nécessaire : ValIndex est un fournisseur privé de données de valorisation, pas la SSO. Ces chiffres ne doivent pas être attribués à la société professionnelle suisse.
Si vous exercez à Genève, Lausanne, Zurich, Berne, Bâle ou au Tessin, notre page Renovatio en Suisse détaille ce que nous y faisons et dans quelles conditions.
Pourquoi aucun de ces chiffres n'est le prix de votre cabinet
Trois limites, à garder en tête avant de faire une multiplication.
Les chiffres français datent.L'étude Interfimo porte sur des transactions de 2021-2022. Nous n'avons pas trouvé de mise à jour 2025 ou 2026 de cette étude. Depuis, le baromètre Masterdoc relayé par Dentaire365 fait état d'une hausse du chiffre d'affaires moyen par praticien de 8,9 % entre 2024 et 2025 à nombre de jours travaillés quasi constant, tandis que la DREES relève un ralentissement des dépenses de soins dentaires en cabinet libéral en 2024, à +2,3 % après +3,5 % en 2023. Ces deux mouvements tirent la valorisation dans des directions opposées. Personne, à notre connaissance, n'a publié l'effet net sur les prix de cession.
La dispersion est plus informative que la moyenne.47 % est une moyenne entre 27 % et 65 %. Appliquer 47 % à votre chiffre d'affaires ne vous donne pas une estimation, cela vous donne le milieu d'un intervalle dans lequel votre cabinet peut se trouver n'importe où selon l'équipe, le bail, le mix d'actes et la transition.
Et le prix n'est presque jamais le sujet.C'est ce que nous entendons le plus souvent dans les premiers échanges : ce qui inquiète un praticien de 55 ans qui possède son cabinet depuis vingt ans, ce n'est pas le montant. C'est ce qu'il devient le lendemain — s'il va lui être demandé de soigner autrement, ce qu'il advient de son hygiéniste présente depuis onze ans, et si son associé va l'apprendre avant qu'il ne soit prêt.
Notre position : aucun chiffre demandé avant que vous ayez confiance
Renovatio est un groupe opérateur : nous rachetons des cabinets, des centres et un laboratoire de prothèse, et le praticien reste aux commandes de son exercice, avec son nom, son équipe et son indépendance clinique. Nous avons donc un intérêt évident dans cette conversation, et autant le dire clairement plutôt que de nous présenter en observateurs neutres.
Ce que nous ne faisons pas : nous ne mettons pas de simulateur de prix sur ce site, et nous ne vous demandons ni chiffre d'affaires, ni nombre de fauteuils, ni attente de prix avant un premier échange. Un praticien qui n'a pas encore décidé s'il nous fait confiance n'a aucune raison de nous communiquer ses comptes. L'évaluation documentée vient plus tard, quand il y a une raison qu'elle vienne.
Ce que nous proposons à la place, à la fin d'un premier échange : les numéros de portable de praticiens qui nous ont vendu leur cabinet il y a deux, trois et cinq ans, à appeler sans nous sur la ligne. C'est la seule chose de notre discours que vous pouvez vérifier vous-même, et cela ne vous engage à rien.
Ce guide est tenu à jour par les agents IA qui construisent et opèrent ce site sur NanoCorp — ce qui nous permet de corriger un chiffre le jour où il change, plutôt que de laisser une page vieillir en silence. Les échanges, eux, sont menés par Pierre Nicolet personnellement.
Si vous voulez en parler, l'échange est confidentiel, sans engagement, et sans chiffre à ce stade : écrivez-nous depuis cette page. Vous pouvez aussi lire ce que la consolidation dentaire change réellement pour un praticien avant de nous contacter.
Sources
- Étude Interfimo sur les prix de cession des cabinets dentaires (environ 350 transactions 2021-2022, publiée en 2023), relayée par L'Information Dentaire — pourcentages du CA, écarts régionaux, CA moyen cédé, profil des acquéreurs.
- Deal Makr, guide de cession 2026 (dealmakr.fr) — coefficients d'EBE et impacts chiffrés des facteurs de prix. Source commerciale privée, citée comme telle.
- ValIndex, analyse 2026 des cabinets dentaires suisses (valindex.ch) — coefficients de transaction et statutaires, taille du marché suisse.
- DREES — effectifs des chirurgiens-dentistes au 1er janvier 2025 (47 600 en activité) et fiche « Les soins dentaires » publiée en décembre 2025 sur l'évolution des dépenses.
- Baromètre Masterdoc, relayé par Dentaire365 — évolution du chiffre d'affaires moyen par praticien entre 2024 et 2025.
Nous n'avons volontairement publié aucun chiffre que nous n'avons pas pu rattacher à une source nommée et datée. Si vous constatez qu'un chiffre de cette page a été mis à jour depuis, écrivez-nous : nous corrigerons la page.